Acrophobie VR

Sensibilisation à l'acrophobie et aux vertiges en réalité virtuelle sur Oculus Quest

Contexte

La peur des hauteurs, ou acrophobie, est caractérisée par une anxiété marquée lors de l’exposition à des hauteurs. Une personne sur cinq déclare avoir eu une forte ou déraisonnable peur des hauteurs durant leur vie, et une personne sur vingt atteint les critères diagnostiques de l’acrophobie (Freeman, 2018).

Solution

Pour vaincre cette phobie, il est possible de faire appel à la thérapie d’exposition. Issue du monde cognitivo-comportementale, elle consiste à inhiber progressivement la peur ressentie par un sujet dans une situation donnée par l’exposition graduée dudit sujet à cette situation anxiogène.

Le principe est le même lors d’une thérapie par exposition à la réalité virtuelle : TERV. Sauf qu’au lieu d’être sur place (in vivo), le sujet sera confronté à des situations anxiogènes par le média de la réalité virtuelle (in virtuo) durant plusieurs séances de 30 à 60 minutes.

Ces séances doivent être réalisées en présence d’un professionnel de la santé. L’utilisateur peut en effet ressentir un malaise physique propre à la réalité virtuelle (cyber-sickness) et l’application est contre-indiquée pour les épileptiques photosensibles. Cela dit, la TERV possède également des avantages non négligeables par rapport à la thérapie in vivo :

  • Les expositions sont totalement contrôlables par le thérapeute,
  • Les expositions sont plus faciles à mettre en œuvre,
  • Aucune exposition de l’utilisateur à un danger réel,
  • Pas de problème de confidentialité.

« Il semble donc que les thérapies in virtuo, ayant fait la preuve de leur efficacité dans plusieurs indications, constituent une piste très intéressante pour la prise en charge des troubles phobiques » (Lambrey et al., 2010).

Résultats

Plusieurs études attestent de l’efficacité de la TERV :

  • Hodges et al. (1995) : la TERV graduée est efficace dans le traitement de l’acrophobie
  • Emmelkamp et al. (2002) : la TERV est aussi efficace que l’exposition in vivo
  • Opris et al. (2011) : La TERV a un puissant impact dans la vie réelle, similaire aux traitements classiques. Elle a une bonne stabilité de résultats sur le temps

Adaptation

À l’intérieur du monde urbain créé spécialement en vue de traiter l’acrophobie, l’utilisateur se déplace par téléportation du toit d’un bâtiment à un autre, à chaque fois un peu plus haut. Cette élévation se fait ainsi progressivement. Il est par exemple impossible pour l’utilisateur de se déplacer directement au sommet de l’immeuble le plus haut sans être passé par les étapes précédentes, tout comme il lui est impossible de tomber du haut d’un bâtiment.

De plus, dans une logique formative, un contenu pédagogique synthétisant les informations clés de l’acrophobie a été incorporé à la simulation. Ces données matérialisées par l’intégration d’une voix off, que l’utilisateur peut choisir de réécouter ou non, sont distillées au fil du cheminement de ce dernier.

Cette immersion sans aide ou voix extérieure permet à l’utilisateur de vivre, sans même s’en rendre compte, une expérience pratique, et utile tout en bénéficiant d’un apport pédagogique.

Bibliographie

  • Emmelkamp et al. (2002). Virtual reality treatment in acrophobia: a comparison with exposure in vivo. Cyberpsychol Behav
  • Freeman et al. (2018). Automated psychological therapy using immersive virtual reality for treatment of fear of heights: a single-blind, parallel-group, randomised controlled trial. Lancet Psychiatry
  • Hodges et al. (1995). Virtual environments for treating the fear of heights. IEEE Computer Graphics and its Applications
  • Opris et al. (2011). Virtual reality exposure therapy in anxiety disorders: a quantitative meta-analysis. Depression and anxiety

Cette référence a été développée sur la base de la solution Almédia de Réalité Virtuelle et Modélisation 3D Interactive Logo de VirtualIn